Le gospel

Tout a commencé….

                                                                   ….. peu après 1619…

Les navires des PILGRIM FATHERS touchent la côte de Virginie du sud des Etats Unis ; ils ont fui les persécutions religieuses de la terre Anglaise et viennent s’installer sur leur « Nouvelle Jérusalem ».

C’est peu après que démarre l’histoire de l’esclavage qui sera le ferment de celle du Gospel. Jusqu’en 1865, des milliers de « vaisseaux négriers » aborderont la Caroline du Sud et transplanteront plus d’un million d’hommes et de femmes arrachés de la terre d’Afrique.

A son arrivée en terre d’exil, le Peuple Noir est asservi ; les langues africaines sont interdites et leurs rites proscrits. Jouer du tambour pour faire passer des messages séditieux était passible du fouet ou pire.

Ce peuple déraciné, sans terre, sans passé, nourrit pourtant de profondes aspirations religieuses ; celles-ci trouvent écho dans l’évangélisation des Pilgrim Fathers. Les Esclaves se mettent à chanter la Bible. Pendant de longues années, seul l’Ancien Testament leur sera accessible. L’idée d’un Rédempteur venu sauver TOUS les peuples – message dominant du Nouveau Testament – soulevait la peur de comportements de rebellion.

Le Peuple Noir chante donc, même asservi. Il chante les chants d’Afrique, des hymnes entendus chez les Blancs, des airs de danses européennes, avec leur sensibilité, leurs propres rythmiques. Le soir, des cérémonies clandestines ont lieu dans les champs, à la lueur de la lune et des torches. Elles expriment le chant du combat quotidien : c’est l’époque des Field Hollers.

Un autre style de chant rythme le travail : les work songs. Lorsque le Peuple chante des cantiques, ces chants prennent aussi la couleur des rites hérités d’Afrique. Il n’est pas rare d’y trouver une succession d’appels exaltés et incessants vers Dieu, qui, portés à leur paroxysme, rappellent les cérémonies « vaudou ».

La formule du chant est celle–ci : à capella, un soliste et un choeur en réponse, accompagnés de force claquements de doigts et de pieds. A l’intérieur du chant, on interpelle par des cris, des onomatopées, des exhortations, des acquiescements rythmés. Les « Spirituals » sont des chants d’Esclaves noirs émanant des zones rurales des Etats du Sud. Ces chants ont continué d’exister par eux même et ont donné les Negro Spirituals.

Au début du XX ème l’Industrialisation déplace la population noire de la campagne vers la ville. Elle fuit la misère rurale et se tourne vers les industries citadines. Les Negro Spirituals des champs se transportent en ville et côtoient le Jazz. Mais là, c’est l’amère déconfiture ! A l’Eldorado, à l’espoir d’une vie meilleure, se substituent le Ghetto, la misère : le ton du Blues est donné.

1866  : une date dans l’histoire de l’Esclavage : la création de l’Université de Fisk du Tenessee. La 1ère Université Américaine consacrée à l’éducation des Esclaves libérés est née !

L’un des 1ers groupes de musique à soutenir cette université , à faire connaître les arrangements des Spirituals, s’appelle : LES JUBILEE SINGERS. Ils chanteront à la Maison Blanche .

Après la Guerre de Sécession gagnés par les Nordistes, libérateurs d’Esclaves, l’Esclavage se transforme en ségrégation raciale. Le Ku Klux Klan , à partir de 1866 assassine plus de 3500 Noirs.

La première église noire était apparue en Caroline du Sud en 1774.

Vers 1800 les Spirituals vont prendre leur essor à partir des « Camp meeting ». Ce sont des rassemblements religieux multi raciaux sous d’immenses tentes, durant lesquels musique et danses se pratiquent avec passion. Le peuple Noir est converti et impulse maintenant son propre style de chant et de danse. La « blue note » fait son apparition ( 3ème et 7ème degré de la gamme inflèchis d’un ½ vers le grave) ; le système des improvisations prend sa source à ce moment-là (running verses) et les Ring and Shuffle Shouts sont les passages dansés de ces meeting, sorte de danse africaine aux pas traînants.

Des Negro spirituals deviennent célèbres : « Swing Low , sweet chariot », « Sometimes I feel like a motherless child », « Nobody knows the trouble I’ve seen », « Go down Moses », « Joshua fit the Battle of Jericho ».

L’accompagnement instrumental se fait progressivement ; des outils d’esclaves ( la hâche, le marteau), utilisés dans les meeting secrets des champs; on passe à des chants accompagnés aux tambours, à la flûte de roseau, aux violons.

L’origine de la musique Noire appelée Gospel remonte aux années 20. Littéralement , le nom signifie « God spell » : « la Parole de Dieu » . Elle est née dans les églises du Nord des USA, et fait référence plutôt au Nouveau Testament et à son Rédempteur.

Ce sont les quartets vocaux uniquement masculins qui orientent le Gospel de manière déterminante ; leur structure plus légère : 2 ténors, un baryton et une basse, lassent moins que les grands choeurs un peu rigides . Le succès se répand comme une trainée de poudre avec le Golden Gate Quartet de l’entre deux guerres initialement appelé Golden Gate Jubilee Singers ; en 1934 , ils chantaient A capella .

La plupart des grandes voix féminines, elles, grandissent dans les églises noires baptistes ou évangélistes, avec un parent « preacher ». Difficile de se frayer un passage dans cet univers essentiellement machiste ! La plupart des « Dames du Gospel » seront propulsées sur le devant de la scène par le Révérend Thomas Dorsey. On peut citer dans les années 30 – 40 :

 Rosetta Tharpe, chanteuse jouant de la guitare. On disait qu’elle désaccordait sa guitare pour rendre le son plus proche des instruments africains ; un de ses succès : « Gospel Train ».

Amalia Jackson, vendeuse de produits cosmétiques dans sa petite boutique, chanteuse dans l’église baptiste de son père ; Sa voix –  remarquée par Dorsey  – est mondialement connue avec son succès « Move on up a little Higher ».

Petite anecdote : existait depuis 1905 , une mélodie intitulée « His eye is on the sparrow » Elle l’enregistre dans les années 1930, Ce morceau sera repris dans la comédie musicale « Sister Act » des années 1990 et en fera un des succès de la comédie.

Marions Williams : elle quitte l’école à 9 ans pour aider à faire vivre sa famille. Elle chante dans les églises, au coin des rues,  inspirée par Rosetta Tharpe. A l’initiative de Clara Ward, elle intègre les Ward Singers puis fera une carrière solo internationale.

Aretha Franklin : elle chantera d’abord du gospel puis de la Soul music.

Sources : Cours de la Faculté d’Anglais option « Histoire du Peuple Noir » traduction Véronique Hamel – Université de Fisk – Wikipdia

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